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Qui décide
De patron social à ministre réaliste
André Meyer
Avec Laurent Schaffter, c’est un représentant du monde
des entreprises et de l’industrie qui a été élu,
il y a deux ans, au Gouvernement Jurassien ! Son père, Joseph Schaffter,
enseignant, député pendant seize ans à la Chambre
fédérale à Berne, n’était autre que
le fondateur dans les années 1960 du Parti chrétien social
indépendant. Laurent Schaffter n’a cependant pas endossé
entièrement le modèle paternel.
Pour les idées politiques et l’engagement social, c’était
oui. Mais pour le choix d’un métier, il a préféré
à la filière de l’éducation, les réalités
très concrètes de l’industrie. Il crée avec
un associé, sa propre entreprise : AJOTEX SA à Porrentruy,
une fabrique de sous-vêtements et tee-shirts qui approvisionne principalement
les grands magasins suisses (Migros, etc...)
Mais c’est un patron atypique qui met en pratique dans son entreprise
les idées qu’il défend avec son parti politique, le
PCSI : respect de la personne, participation des salariés à
la marche de l’entreprise, juste partage des richesses produites,
définition précise des droits et des devoirs du salarié
et de l’employeur par une convention collective négociée.
« Quand j’embauchais un ouvrier, un employé, je leur
présentais d’abord la convention collective et seulement
après, s’ils étaient d’accord, le contrat de
travail », rappelle l’ex-patron. Les réalités
économiques ont quelque fois pris le dessus sur la volonté
de progrès social. Par deux fois en vingt ans, il a dû procéder
à de sévères restructurations et réduire les
effectifs qui avaient culminé à 40, au niveau actuel de
20.
En devenant ministre, Laurent Schaffter a organisé son retrait
de l’entreprise. AJOTEX poursuit sa route sans son cofondateur.
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