|
|
ENTREPRENDRE
Portraits croisés
de patrons de radios locales
Portraits croisés du Sundgauvien
Agnain Martin (RTL2, Dreyeckland,
Tertio, Tertio Voyages) et du Jurassien Pierre Steulet (RJB,
RTN, RFJ,
Image et Son).
Par Mifa Pivot
A la tête d’un pool de trois radios romandes locales, RFJ
(radio fréquence Jura), RJB radio Jura bernois) et RTN (radio télévision
Neuchâtel), qui ont fêté leurs vingt ans d’existence
et de collaboration, Pierre Steulet tient beaucoup au label de ‘radio
identitaire’, et à la déontologie de tout bon chef
d’entreprise, qui doit « faire de l’argent avec du travail
et non pas au prix de suppressions d’emplois ».
Pierre Steulet mène sa barque avec un chiffre d’affaires
de 7 millions de FS.
Radio Fréquence Jura (RFJ), qui émet depuis le 18 février
1984, dans un bassin de vie de 132.000 habitants a le souci de privilégier
l’information de proximité, la diversité, la pluralité
et d’animer la scène culturelle et sportive.
La position de cet homme incisif, réputé dur en affaires,
est en effet aussi claire que son regard : « Les chefs d’entreprise
doivent faire de l’argent avec du travail, et non pas au prix de
suppressions d’emplois ». Propos à l’emporte-pièce
que l’on aimerait entendre plus souvent.
Président de l’association de l’Union romande des radios
locales depuis 1984, Pierre Steulet défend les intérêts
des radios, les droits d’auteur.
Séquences en direct du Parlement Jurassien, Café de la place
de Delémont, éditos en patois jurassien à 12h50,
infos matinales, parfois internationales mais aussi locales, RFJ, plus
fort taux d’écoute des radios locales romandes ( 56% ) est
une radio identitaire. « Si la France était plus attentive,
elle aurait aussi une radio identitaire, si elle ne laissait pas le plus
fort bouffer l’autre », déclare Pierre Steulet, citant
néanmoins les efforts de Radio Alouette à La Rochelle, «
une radio qui travaille sur la proximité du pays met en valeur
ses spécificités. Le Locle, Delémont, on en parle
mais rarement de Genève ou de Lausanne ».
S’il faut penser couleur, elle irait de la gauche modérée
à la droite modérée. « Une radio d’opinion,
c’est contre productif ! ». Déçu par la votation
du 16 mai dernier qui a rejeté le projet Jura Pays Ouvert, il déclare
: « ‘Jura Pays Ouvert’ ? Oui ! Le Jurassien est, parmi
les Suisses, le plus ouvert à l’accueil des étrangers.
Il faudra revenir à la charge. C’est comme pour l’Union
Européenne. Quand ne pas y entrer ne changera plus rien, on va
y entrer !! ». Pierre Steulet pense à la fuite des jeunes
qui tue le pays.
L’avenir ? « Je n’en ai pas peur. On peut imaginer des
difficultés dans les vingt prochaines années pour l’ensemble
des médias, qui ne peuvent se développer à l’infini.
Les phénomènes de concentration sont inévitables.
Mais pas dans l’Arc jurassien, tant que les entités cantonales
demeureront ».
Agnain Martin,
faiseur d’empire
A la tête d’un petit empire, puisqu’il est le PDG d’une
holding (AM Finances Invest) de 7 millions d’euros de chiffre d’affaires
annuel, détenant une agence de voyages, une régie publicitaire
et quatre autres sociétés, à savoir Tertio Voyages,
Radio Dreyeckland Sas, Est Loisirs Sas (nom juridique de Planète
Discopolis), Agnain Martin est aussi directeur de la régie publicitaire
de RTL2 et de Fun Radio, directeur de RTL2 et de Fun Radio, PDG de Radio
Dreyeckland, directeur des Sàrl RTL2 et Tertio Voyages et de la
régie publicitaire Tertio.
Agnain Martin, 49 ans, vingt ans de métier, nous a raconté
son histoire.
Agnain Martin entre tout naturellement dans l’univers radiophonique.
« J’aimais l’univers artistique ». Mais il fallait
gagner sa vie. Une association municipale d’Altkirch lui confie
la direction de la Radio Porte Sud, en 1986, alors qu’il a 30 ans.
Il embauche deux journalistes. En 1995, Radio Porte Sud devient RTL2.
C’est-à-dire diffuseur de la radio nationale, tout en conservant
un programme local de quatre heures par jour, avec infos régionales
et locales.
« En 1997, les responsables de Dreyeckland m’ont contacté
ainsi que d’autres porteurs de projets, pour sauver la radio. Ils
m’ont choisi, car j’étais le seul à vouloir
poursuivre la radio locale, régionale, de proximité, à
garder l’identité et le nom. A l’époque, ily
avait 15.000 auditeurs. Aujourd’hui, il y en a 140 000. »
Au programme, la musique (80% du temps d’antenne) qui a marqué
la jeunesse des auditeurs, la chanson française d’amour,
engagée, et la chanson allemande. « Nous ne sommes pas dans
un système de mode », dit-il. « Avec RTL2 , Dreyeckland,
nous accompagnons les gens au quotidien, nous leur donnons du bonheur.
La radio des informations, c’est plutôt le rôle des
radios du service public (France-Infos, France-Inter) »
|