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Jacques Bertin, ce poète qui enchante
Par Mifa Pivot
« Je chante à la vitesse où je parle, à la vitesse où je lis avec les yeux, à la vitesse où je dis la poésie. La langue française ne prend sens et beauté qu’à ce rythme, entre bouillie et démembrement ». De sa voix chaude, Jacques Bertin a traversé le temps, fidèle « au-delà de toute raison ». Modeste et frugal, ce grand des grands – grand prix du disque de l’Académie Charles Cros, à 20 ans, en 1967…
Il va son chemin, lui qui a fui cette carrière de décibels qui rend les hommes épileptiques, faisant la nique au dictateur show biz, lui qui a eu la chance d’être méconnu... La chanson formatée, le mondialisme morose, Jacques Bertin, ce maquisard, connaît pas ! Mais la tendresse qui dure, ces amours qui passent, et l’homme demeure, ce lyrisme qui brûle les âmes... « Un artiste doit descendre dans son âme et dans la musique la bougie à la main », dit-il. La sienne brûle encore pour longtemps, cependant que nous revient sans cesse, après mille détours, son inoubliable musique des mots.

Les damnés de la chanson française
Mifa Pivot
« L’art est à tous. Il n’est pas le fait d’une minorité, d’une élite ». Ainsi pense Jacques Bertin. La chanson française, écrit-il, n’est pas un art reconnu comme tel.
Dès 1946, théâtre, chant, mime, masque, on trouve tout sur les planches. C’est l’âge d’or de la chanson à texte.
Mais en 1980, chanter est devenu ringard, vulgaire, ridicule. La chanson, c’est le show biz.
Et pourtant, dans les années 1970, ce fut le foisonnement des auteurs-compositeurs-interprètes, qui «  disent le Je vérité, chantant la réalité des paysans pauvres de la Beauce  ». Années 1980 : la presse ridiculise ces créations, les aides de l’État vont aux « créateurs de niveau international », le ministère de la Culture conduit une politique de prestige.
Place aux institutions lourdes, au show biz, au règne de l’argent, aux robots du marché. Les musiques violentes s’imposent dès 1980 : « rock, hard, punk, grunge ». Les industries culturelles vendent en masse. 90% des petits disquaires ferment.
Sous l’empire du show biz, les élites, les institutions méprisent la chanson.
Refus du capitalisme comme moteur de l’art, rejet de toute complicité avec le show biz, refus des grosses subventions bureaucratisantes, refus d’être cet artiste génial qui flatte les classes dominantes, Jacques Bertin n’est pas un desperado pour autant.

« Une génération a été sacrifiée. Mais le grand courant de la chanson française va redémarrer ». Conseils aux jeunes  : rester autonomes, à n’importe quel prix. « Plutôt que de réussir, descendre en soi même avec casque et pic ».

Un musée de la chanson française ?
« Je voudrais que le patrimoine chanté que j’ai recensé devienne répertoire », a déclaré Jacques Bertin à Delémont.
Jacques Bertin a confié, dans son site, son « projet pour le répertoire (Centre national du patrimoine chanté), qui aurait le statut d’un musée de la chanson française, financé et dirigé par l’État (pas par la Région, ni par les municipalités) ».
Un projet qui remettrait en circulation les plus beaux des chefs d’œuvre chantés et poétiques de 1950 à 1980.

Visiter le projet complet de Jacques Bertin

Maison de disques de Jacques Bertin
Disques Velen
Le Floride
21 rue Alfred Riom
44100 Nantes (France)
Tél.00.33 (0)2 40 73 49 54

Pour les spectacles de Jacques Bertin, contacter
Sylvie Dupuy
27 rue Auguste Delaune
94800 Villejuif (France)
Tél. 00 41 (0)1 47 26 71 71


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